
La communication pendant l’examen : comment expliquer ce que l’on fait au jury ?
Réussir l’examen d’aptitude en ostéopathie animale ne repose pas seulement sur la technique. Il évalue votre raisonnement clinique, la structuration du cas, la justification des choix et la qualité de votre communication face au jury. Préparation, gestion du stress, clarté pédagogique, adaptabilité et posture professionnelle sont essentielles pour convaincre et démontrer vos compétences d’ostéopathe animalier.
« La façon de donner vaut mieux que ce que l’on donne. » — Pierre Corneille
L’examen d’aptitude en ostéopathie animale ne teste pas uniquement vos objectifs techniques. Il évalue aussi votre capacité à structurer votre raisonnement, justifier vos choix et communiquer clairement.
Si vous voulez en savoir plus sur le déroulement de l’examen d’aptitude, consultez notre article sur le sujet.
Face au jury, vous devez démontrer que vous savez observer, analyser et traiter. Mais si savoir faire est une chose, savoir le montrer en est une autre.
Dans cet article, nous vous proposons différents moyens pour optimiser votre communication tout au long de l’épreuve.
Les 25 minutes de préparation : structurer sa pensée pour mieux communiquer
Même si le jury n’est pas présent pendant la préparation, cette phase conditionne la qualité de votre oral.
Objectif : construire un fil conducteur logique.
Pendant ces 25 minutes :
- Recueillez les éléments clés : motif de consultation, historique, cadre de vie, activités, et antécédents médicaux.
Identifiez les éléments pertinents pour la présentation et mettez de côté le superflu. Utilisez un code couleur pour mettre en avant les éléments indispensables à votre présentation.
- Organisez vos observations cliniques : état général, éléments visibles en statique et/ou en dynamique.
Identifiez les éléments pertinents pour votre cas. Reliez entre elles les observations qui sont maintenues ou modifiées en statique et en dynamique. Entourez les éléments qui corroborent un même diagnostic.
- Déterminez les dysfonctions : structures concernées et paramètres de dysfonction.
Notez les dysfonctions sur un schéma pour visualiser leur localisation et leurs interconnexions. Utilisez les abréviations mais soyez sûr de pouvoir vous relire.
- Établissez les liens anatomiques et biomécaniques : Utilisez des liens justes et cohérents avec votre cas.
Reliez directement une dysfonction à une autre par un trait et ajoutez le lien anatomique. Ajoutez une flèche pour signifier le point de départ et le point mobile s’il s’agit d’un muscle par exemple.
- Hiérarchisez les dysfonctions : Identifiez la dysfonction primaire.
Entourez la dysfonction primaire et notez quelques éléments qui vous permettent de justifier ce choix.
- Construisez un traitement cohérent : Identifiez des zones dignes d’intérêt pour le traitement et la technique employée.
Encadrez les zones que vous souhaitez traiter. Notez la technique privilégiée et quelques mots clés pour justifier votre choix.
Vos notes lors de la préparation, prises de cette façon, vous serviront de plan pour dérouler votre raisonnement sans hésitation à l’oral.
Présenter le cas : être clair, synthétique et pertinent
Lorsque vous commencez votre passage, votre première mission est de poser le cadre.
Pendant l’épreuve d’aptitude, le jury évalue inconsciemment votre posture de futur professionnel. À niveau technique égal, ce sont souvent les soft skills de communication qui font la différence entre un candidat correct et un candidat convaincant.
1. La gestion du stress visible
Objectif : réguler son langage non verbal.
Les évaluateurs observent le débit de parole, la respiration, les gestes, le regard et les tics de langage.
À travailler :
- Posture stable : Expérimentez plusieurs postures dans lesquelles vous êtes à l’aise physiquement et en confiance mentalement.
- Ancrage : Expérimentez différents mouvements simples qui vous permettent de vous concentrer.
Exemple : Prendre quelques respirations lentes, bouger une main, tourner les épaules etc.
- Regard posé : Entraînez-vous à regarder votre jury dans les yeux sans les fixer sur une trop longue durée.
Pourquoi c’est important ? A contenu égal, un candidat calme paraît plus compétent.
2. La structuration du discours
Objectif : organiser sa pensée de manière logique et progressive.
Un bon candidat ne parle pas “au fil de ses idées”, il construit un raisonnement.
À travailler :
- Construire et annoncer son plan : Présentez le cas en suivant le plan construit lors de la période de préparation. Présentez ce plan.
Exemple : « Je vais d’abord présenter le motif de consultation et l’historique de l’animal puis les résultats de son examen général et ostéopathique et enfin le plan de traitement. »
- Hiérarchiser les informations : Dans chaque partie, ne présentez que les informations pertinentes et de la plus importante à la moins importante.
Pourquoi c’est important ? Parce qu’un discours structuré accroche l’auditeur et rassure le jury sur votre capacité clinique.
3. La clarté pédagogique
Objectif : expliquer simplement des notions complexes.
Même face à une personne experte, la clarté est essentielle, un professionnel compétent sait rendre son raisonnement compréhensible.
À travailler :
- Reformuler les termes techniques : Cherchez plusieurs moyens d’expliquer une même chose de façon à pouvoir toucher un public plus large.
- Utiliser des phrases courtes : Des phrases plus courtes donnent du rythme et permettent de découper des notions complexes en plusieurs notions simples.
Pourquoi c’est important ? Un raisonnement brillant mais confus perd en impact.
4. La cohérence verbale et non verbale
Objectif : aligner discours et attitude.
Si vous dites : « Je suis sûr de mon raisonnement », mais que votre voix tremble et que vous évitez le contact visuel, le message est affaibli.
À travailler :
- Auto-évaluer sa communication non verbale : Identifiez vos marqueurs de stress visibles de l’extérieur.
- Retrouver de la cohérence : Si vous identifiez ces marqueurs de stress, reprenez les points de gestion du stress vus plus haut.
Pourquoi c’est important ? L’alignement crée la crédibilité.
Mener le traitement : technique, professionnalisme et pédagogie
1. Expliquer et montrer :
Objectif : expliquer un geste technique.
Présenter un geste technique est une compétence utilisée au quotidien par le thérapeute pour inclure ses clients dans la prise en charge.
À travailler :
- Avoir les connaissances nécessaires : Essayez d’expliquer chacune de vos techniques pour identifier certaines notions nécessitant des approfondissements.
- Avoir une routine de présentation : Présentez toujours vos techniques de la même façon.
Exemple : Positionnez l’animal et son teneur. Positionnez vous. Positionnez vos mains. Indiquez ce que vous allez réaliser.
- Corriger les tics de langage : Identifiez les raccourcis de langage que vous utilisez et qui rendent votre discours imprécis et cherchez à les remplacer par une phrase complète.
Exemple : « Je mets la main là » devient « Je pose la main droite à plat sur la face dorsale du sacrum ».
- Gérer le temps : Expérimentez l’explication des techniques et identifiez si vous êtes plus à l’aise en expliquant et en appliquant la technique simultanément ou si vous préférez la présenter puis l’appliquer.
Pourquoi c’est important ? Une technique bien maîtrisée montre un bon technicien, une technique bien comprise montre un bon thérapeute.
2. Être maître de son examen
Objectif : maintenir le leadership.
Vous êtes la star de votre examen, le jury est un simple spectateur.
À travailler :
- Proactivité : Si les évaluateurs n’interviennent pas lors de votre traitement, continuez de le dérouler comme vous le souhaitez en continuant de verbaliser chacune des étapes. N’attendez pas que le jury vous demande quelque chose pour agir !
- Auto-évaluation : Soyez honnête sur la qualité et l’efficacité de vos techniques. Et proposez automatiquement la solution adaptée.
Pourquoi c’est important ? Un professionnel de première intention, comme un ostéopathe animalier, doit être capable de prendre des décisions.
Si le jury impose un traitement :
Cela teste votre capacité d’adaptation. Ne montrez ni surprise, ni résistance.
1. L’adaptabilité
Objectif : rester fluide face à l’imprévu.
Le jury ne cherche pas à vous piéger, mais à évaluer votre flexibilité clinique.
À travailler :
- Reformuler : Reprenez la demande avec vos propres mots afin que la technique soit plus facile à mettre en place pour vous.
- Continuer avec fluidité : Préparez des phrases de transitions qui vous permettent de faire une petite pause, vous laissant le temps de préparer la technique dans votre tête.
Pourquoi c’est important ? L’adaptabilité lors de l’examen est le reflet de votre souplesse clinique.
2. Proposer une réponse cohérente :
Objectif : recruter des connaissances.
Expliquer une technique imposée n’est pas plus difficile que d’expliquer une technique de votre choix.
A travailler :
- Automatisation : Préparez des présentations typiques de technique que vous utilisez autant pour une technique imposée que pour une technique choisie.
- Rebondir sur la demande du jury : Si vous le pouvez, reprenez la demande de la personne et votre cas et mettez en avant les avantages de la technique, ses contre-indications et ses difficultés, pour mettre en avant votre réactivité.
Pourquoi c’est important ? Savoir s’adapter en évaluation c’est savoir s’adapter en consultation future.
Répondre aux questions : méthode et posture
Les questions peuvent porter sur : l’anatomie, la biomécanique, la physiologie, la justification d’un choix diagnostic ou thérapeutique, les contre-indications, le pronostic etc.
Quel que soit le sujet de la question voilà quelques étapes à suivre pour une réponse simple et cohérente.
1. L’écoute active
Objectif : écouter réellement la question avant de répondre.
Beaucoup d’erreurs viennent de réponses données trop vite.
À travailler :
- Laisser le jury terminer : Attendez le silence qui marque la fin de la question afin de ne pas paraître impoli et d’être certain d’avoir toutes les informations.
- Reformuler brièvement : Reprenez la question avec vos propres mots à haute voix ou non. Cela permet de traduire la question en termes simples pour vous et de vous assurer d’avoir bien compris la question si vous le faites à haute voix.
- Prendre une seconde de réflexion : Ce n’est pas la vitesse de réponse qui est jugée mais la qualité de la réponse. Utilisez un court silence pour vous laisser le temps de rassembler les éléments de réponse à la question.
Pourquoi c’est important ? Il vous faudra d’abord écouter vos clients avant de traiter vos patients.
2. L’assertivité calme
Objectif : défendre ses choix sans agressivité ni soumission.
À l’oral, un évaluateur peut remettre en question vos choix, (dysfonction primaire, zone et technique de traitement etc.). L’objectif n’est pas de “gagner” mais de montrer que vous savez.
A travailler :
- Accueillir une question, une hypothèse : Explicitez la légitimité de la question du jury.
Exemple : « Je comprends votre remarque. », « C’est une question intéressante », etc.
- Expliquer votre logique : Répondez selon vos connaissances et votre raisonnement. N’attendez pas toujours une approbation du jury. Une fois votre réponse donnée, continuez votre traitement.
- Reconsidérer la problématique : Si le jury a mis en perspective une alternative à votre raisonnement, essayez d’argumenter votre réponse de son point de vue.
Exemple : « Si l’on considère la problématique sous cet angle, effectivement… », « De ce point de vue, on peut dire que… », etc.
Pourquoi c’est important ? Le calme est une posture professionnelle mature.
3. L’humilité professionnelle
Objectif : reconnaître ses limites sans se dévaloriser.
Il n’est pas possible de tout connaître mais il est important de savoir le reconnaître.
A travailler :
- Honnêteté : Dites que vous ne savez pas lorsque c’est le cas.
Exemple : « Je n’ai pas l’information exacte. Selon mes connaissances… »
- Sécurité professionnelle : Si le sujet abordé pouvait avoir une incidence sur le traitement et la santé de l’animal, mettez toujours en avant le principe de précaution tout en proposant une solution réelle.
Exemple : « En l’absence de connaissances plus précises je préfère ne pas réaliser ce traitement. »
Pourquoi c’est important ? Le jury préfère une réponse honnête à une réponse approximative dite avec assurance.
En résumé pendant l’examen, la clé n’est pas d’impressionner mais d’être structuré, cohérent et pédagogique. Parce qu’en ostéopathie animale, comme dans toute pratique de soin, la compétence technique n’a de valeur que si elle est portée par un raisonnement clair et une communication maîtrisée.
Pour rester vous-même et en montrer le meilleur, une communication de qualité ne s’improvise pas le jour J. Elle se travaille comme une technique ostéopathique, avec répétition, méthode et feedback.
Si vous voulez vous exercer en communication, consultez nos exercices pour simuler un examen.
Article écrit par J. Bertrand