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Les zones souvent négligées chez le chien lors d’un examen pratique en ostéopathie animale

Les zones souvent négligées chez le chien lors d’un examen pratique en ostéopathie animale

Formation en ligne en ostéopathie animale : apprenez à réaliser un bilan ostéopathique complet chez le chien en intégrant les zones souvent négligées mais essentielles à l’équilibre biomécanique. ATM, appareil hyoïdien, doigts, cage thoracique, symphyse pelvienne ou queue influencent locomotion, posture et respiration. Développez une approche globale, améliorez votre diagnostic et optimisez la prise en charge des troubles musculo-squelettiques grâce à une formation professionnelle spécialisée.

Les pathologies musculo-squelettiques concernent environ 8 % des chiens suivis en clinique vétérinaire. L’ostéopathie animale pouvant accompagner le traitement conventionnel de ces troubles, il est primordial que le diagnostic pré-traitement soit complet et exhaustif pour proposer le meilleur traitement possible.

Lors d’un examen ostéopathique chez le chien, l’attention se porte naturellement sur les zones les plus évidentes : le rachis, le bassin et les articulations majeures des membres. Pourtant, certaines régions anatomiques, plus discrètes ou moins souvent associées à une boiterie ou à une gêne apparente, peuvent jouer un rôle essentiel dans l’équilibre biomécanique global.

Chez l’ostéopathe animalier, la qualité du bilan repose justement sur la capacité à ne rien laisser de côté. Certaines structures, parfois négligées lors de l’examen pratique, méritent une attention particulière : l’articulation temporo-mandibulaire et l’appareil hyoïdien, les doigts, la cage thoracique (notamment les premières côtes et le sternum), la symphyse pelvienne, ou encore la queue.

Passons en revue ces zones clés.


L’articulation temporo-mandibulaire et l’appareil hyoïdien chez le chien :

L’articulation temporo-mandibulaire (ATM) est souvent examinée rapidement, alors qu’elle joue un rôle majeur dans l’équilibre des tensions crânio-cervicales.

Chez le chien, cette articulation intervient bien sûr dans la mastication, mais également dans l’attitude et la mobilité globale de la région cervico-céphalique. Des restrictions de mobilité peuvent influencer :

  • la mobilité cervicale,
  • l’équilibre musculaire de la tête et du cou,
  • les tensions crâniennes et faciales.

L’os hyoïde et l’appareil hyoïdien sont encore plus fréquemment oubliés lors de l’examen. Pourtant, cet ensemble osseux suspendu entre la mandibule, la langue et le larynx constitue un véritable carrefour fonctionnel.

Une restriction à ce niveau peut se traduire par :

  • des tensions linguales et des difficultés de déglutition pouvant provoquer des troubles de la salivation et/ou de l’alimentation,
  • une modification de la posture de la tête,
  • une altération du fonctionnement cervical.

En ostéopathie, la palpation fine et la mobilité de cet ensemble apportent souvent des informations précieuses.


Les doigts : une zone clé pour la proprioception :

Les doigts sont parfois examinés uniquement en cas de traumatisme visible ou de boiterie distale. Pourtant, ils participent activement à la locomotion, à la proprioception et à l’adaptation du membre au sol.

Chaque articulation interphalangienne peut présenter des restrictions de mobilité, notamment chez :

  • les chiens sportifs,
  • les chiens âgés,
  • les animaux ayant subi des traumatismes récents ou anciens.

Une perte de mobilité digitale peut modifier la répartition des charges et induire des compensations plus haut dans le membre, voire au niveau de l’épaule ou du bassin.

Lors de l’examen ostéopathique, il est donc important de vérifier :

  • la mobilité de chaque doigt,
  • la souplesse et l’intégrité des coussinets et espaces interdigités.

Ce travail sur les structures distales peut parfois résoudre des schémas compensatoires surprenants.


La cage thoracique : côtes, premières côtes et sternum

La cage thoracique constitue une zone fonctionnelle majeure, à la fois dans la respiration et dans la transmission des forces entre l’avant et l’arrière du corps.

Certaines structures sont pourtant souvent sous-évaluées.

Les côtes :

Chaque côte possède une mobilité propre, liée à la respiration et aux mouvements de la colonne thoracique. Une restriction costale peut entraîner :

  • une diminution de l’amplitude respiratoire,
  • des dysfonctionnements articulaires ou musculaires dorsaux,
  • des compensations scapulaires, pouvant impacter la qualité de la locomotion.

Les premières côtes :

Les premières côtes sont particulièrement importantes car elles se situent à la jonction entre la région cervicale et la cage thoracique.

Une restriction à ce niveau peut influencer :

  • la mobilité du thorax crânial,
  • le fonctionnement cervical,
  • la mobilité de l’avant-main sur le plan musculaire et nerveux.

Chez certains chiens sportifs ou tirant en laisse, ces côtes peuvent être fortement sollicitées.

Le sternum :

Le sternum est parfois négligé lors du bilan, alors qu’il constitue un point d’ancrage articulaire et musculaire important et participe à la mécanique respiratoire.

Une restriction sternale peut modifier :

  • la dynamique thoracique,
  • les tensions des muscles pectoraux et abdominaux,
  • la mobilité des membres antérieurs.

Sa palpation et l’évaluation de sa mobilité font donc partie d’un examen complet.


Examen de la symphyse pelvienne :

La symphyse pelvienne est une articulation fibreuse située entre les deux os pubis et ischiatiques. Elle est souvent oubliée lors de l’examen, notamment parce qu’elle présente peu de mobilité apparente.

Cependant, elle participe à la transmission des forces entre les deux hémi-bassins et peut être impliquée dans certaines compensations locomotrices.

Des tensions au niveau de la symphyse pelvienne peuvent se retrouver chez :

  • les chiens ayant subi des chutes ou traumatismes,
  • les chiens sportifs,
  • les femelles ayant eu des portées.

Une évaluation palpatoire attentive peut révéler des asymétries ou des tensions myofasciales influençant l’équilibre du bassin.


Examen de la queue (rachis coccygien) :

La queue du chien, lorsqu’elle est présente, est également une zone souvent négligée lors de l’examen ostéopathique, alors qu’elle constitue le prolongement direct de la colonne vertébrale. La queue est composée de plusieurs vertèbres coccygiennes (18 à 22 en moyenne) articulées entre elles, entourées de structures ligamentaires et musculaires.

La queue intervient principalement dans deux fonctions importantes : l’expression comportementale et la stabilisation lors des déplacements. Des restrictions de mobilité au niveau des vertèbres coccygiennes peuvent apparaître à la suite de traumatismes (chocs, queue coincée, traction), de chutes ou encore de tensions compensatoires provenant du bassin.

Une dysfonction du rachis coccygien peut se manifester par :

  • une sensibilité ou une raideur à la palpation de la queue,
  • une modification du port de queue,
  • des tensions au niveau du bassin ou de la région lombo-sacrée,
  • une gêne lors de certains mouvements, notamment lors des changements de direction.

Lors de l’examen ostéopathique, la palpation et la mise en mouvement douce de chaque segment caudal permettent d’évaluer la mobilité du rachis coccygien. Cette évaluation peut révéler des restrictions parfois discrètes mais susceptibles d’influencer l’équilibre biomécanique du bassin et de l’arrière-main.


La formation pratique proposée par l’OAA Online aborde l’ensemble des techniques de diagnostic et de traitement ostéopathiques de ces zones souvent oubliées.


Identifier ses erreurs c’est bien, mais essayer de les corriger c’est encore mieux. Voici quelques astuces pour inclure plus facilement ces zones anatomiques oubliées dans votre bilan ostéopathique.


Adopter un balayage anatomique toujours identique chez le chien :

La méthode la plus simple consiste à suivre un trajet anatomique constant si l’animal le permet.

Par exemple : crâne → cou → thorax → membres antérieurs → lombaires → abdomen → bassin → membres postérieurs → queue

En répétant toujours la même progression, certaines zones deviennent automatiquement intégrées dans la routine.

Il n’existe pas une seule bonne méthode d’examen. L’essentiel est d’avoir une routine claire et constante. En répétant la même séquence à chaque consultation, on limite les oublis et on gagne en fluidité. Cette routine doit être économique pour vous, inspirez-vous de celles de vos camarades et confrères pour créer la vôtre.

Par exemple :

  1. Crâne :  palpation globale, test de la SSB, test de la voûte et de la face, palpation de l’ATM, test de la mandibule, test de l’appareil hyoïdien.
  2. Cou et jonction cervico-thoracique : palpation des muscles cervicaux, grands mouvements, tests cervicaux, tests de C7, tests des premières côtes.
  3. Cage thoracique : palpation des muscles dorsaux et pectoraux, grands mouvements, tests des vertèbres thoraciques, tests des côtes, tests du sternum.
  4. Membres antérieurs : palpation musculaire, test des articulations de proximal en distal (scapula, gléno-humérale, coude, carpe et doigts) avec descente systématique jusqu’aux doigts.
  5. Région lombaire : palpation des muscles paravertébraux, grands mouvements, tests des vertèbres lombaires.
  6. Abdomen : palpation des muscles abdominaux, mobilisation globale, identification et tests des organes présentant des restrictions.
  7. Bassin : palpation des muscles de la région pelvienne (fessiers principalement), tests des sacro-iliaques, tests de la symphyse pelvienne.
  8. Membres postérieurs : palpation musculaire, test des articulations de proximal en distal (coxo-fémorale, fémoro-tibiale, fémoro-patellaire, tibio fibulaire proximale et distale, tarse et doigts) avec descente systématique jusqu’aux doigts.
  9. Queue : palpation musculaire, tests des vertèbres coccygiennes.

Le cerveau mémorise plus facilement une séquence répétitive qu’une liste de structures isolées.

Avec l’expérience, ces zones qui semblaient secondaires deviennent souvent des points clés du bilan ostéopathique, car elles participent à l’équilibre global de l’animal.


Toujours terminer par les extrémités :

Une astuce simple consiste à se rappeler que l’examen doit toujours aller d’un bout à l’autre d’un segment.

Beaucoup d’omissions concernent les structures distales : doigts, coussinets et queue.

Se fixer les règles suivantes peut aider :

  • « je ne quitte jamais un membre sans avoir testé les doigts ».
  • « je termine toujours les tests du rachis par la queue ».


Relier chaque zone à une fonction en ostéopathie animale :

Une autre technique consiste à associer chaque structure à son rôle fonctionnel pour ne pas les oublier lorsque ces symptômes sont présents :

  • ATM / hyoïde : mastication, déglutition, attitude de la tête et du cou.
  • premières côtes : attitude de l’encolure, amplitude respiratoire, mobilité et contrôle des membres antérieurs.
  • sternum : amplitude respiratoire et utilisation des muscles pectoraux.
  • doigts : proprioception et adaptation au sol.
  • symphyse pelvienne : locomotion.
  • queue : équilibre dynamique.

Plus on comprend la fonction biomécanique d’une structure, plus il devient naturel d’y penser pendant l’examen.


Pour conclure, en ostéopathie animale, les zones les plus symptomatiques ne sont pas toujours celles à l’origine du déséquilibre. C’est pourquoi un examen complet doit inclure l’ensemble du corps, y compris les structures plus discrètes.

L’attention portée à des zones souvent négligées comme l’ATM, l’appareil hyoïdien, les doigts, la cage thoracique, la symphyse pelvienne ou encore la queue permet souvent de mieux comprendre les symptômes exprimés par le corps.

Pour l’ostéopathe animalier, développer une palpation fine et une approche globale reste la clé d’un bilan pertinent et d’une prise en charge efficace.

Pour connaître toutes les clés d’un bilan ostéopathique bien mené consultez notre article


Article écrit par J. Bertrand

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