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Checklist pour un examen clinique complet du chien

Checklist pour un examen clinique complet du chien

Découvrez l’examen clinique du chien en ostéopathie animale grâce à cette méthode complète et structurée. Observation statique et dynamique, palpation, évaluation articulaire, viscérale et crânienne : maîtrisez les étapes essentielles du diagnostic ostéopathique canin. Une ressource incontournable pour les étudiants et professionnels souhaitant développer leurs compétences en ostéopathie animale grâce à une formation en ligne spécialisée et fondée sur les données scientifiques.

L’examen clinique du chien est fondamental pour élaborer un diagnostic ostéopathique, c’est-à-dire évaluer la possibilité de prise en charge ostéopathique et identifier les différentes dysfonctions. Un examen complet en ostéopathie animale permet d’identifier des problématiques, d’orienter le raisonnement clinique et d’adapter la prise en charge thérapeutique.

Les données scientifiques récentes confirment qu’une approche systématique combinant observation, palpation et évaluation de la mobilité améliore la fiabilité du diagnostic fonctionnel, notamment dans les affections fréquentes comme l’arthrose, les troubles ligamentaires ou les asymétries.

Cet article propose une checklist complète et structurée, directement applicable en pratique clinique ou pédagogique.


Observation statique : analyse posturale globale

L’observation du chien au repos peut fournir de nombreuses informations sur la répartition des charges et les éventuelles stratégies d’évitement ou de compensation. Une asymétrie posturale peut traduire une douleur, une restriction articulaire ou une adaptation fonctionnelle chronique.


1)    Attitude générale :

  • niveau d’éveil, comportement, interaction,
  • fréquence respiratoire et cardiaque,
  • hydratation et écoulements (yeux, nez, bouche, anus, organes génitaux),
  • position spontanée (debout, assis, couché),
  • transfert de poids d’un membre à l’autre,
  • réticence au mouvement.

Ces différents points sont des arguments participant au diagnostic d’opportunité recherchant principalement une altération de l’état général et/ou une boiterie.


2)    État tissulaire visible :

  • atrophie et/ou asymétrie musculaire,
  • tuméfaction articulaire,
  • plaie et altération de la qualité du poil,
  • état des griffes et des coussinets,
  • zones inflammatoires visibles.

Ce sont également des points participant au diagnostic d’opportunité cherchant principalement des signes de pathologies inflammatoires et infectieuses, ou chroniques.


3)    Alignement du rachis :

  • alignement latéral et vertical : tête – cou – tronc,
  • aspect de la ligne dorsale (cyphose et lordose),
  • position du bassin : rotation sagittale et bascule latérale,
  • orientation de la queue,
  • trophicité et activité musculaire rachidienne.

Cette étape d’observation participe davantage au diagnostic ostéopathique dysfonctionnel. Il participe à mettre en évidence des zones en surcharge, des zones soulagées, ou encore des zones présentant un comportement anormal.


4)    Alignement des membres :

  • répartition des charges et appuis sur les membres,
  • aplombs et déviations des différents segments osseux,
  • base de sustentation élargie ou réduite,
  • modification de la posture après quelques secondes ou posture récurrente,
  • trophicité et activité musculaire des membres et ceintures.

Ces points sont à prendre en compte en fonction de la race de l’animal puisque chaque race correspond à des critères morphologiques et fonctionnels différents. Il est intéressant de noter ce qui est anormal pour cette race et encore plus pour cet individu. Ces observations renseignent sur l’état douloureux, les zones de charge et de compensation de l’animal.


Observation dynamique : examen clinique du mouvement et de la locomotion

L’analyse de la locomotion permet d’identifier les boiteries, restrictions d’amplitude et compensations intersegmentaires. Elle doit être réalisée à différentes allures et sous plusieurs angles.

La littérature souligne que l’évaluation visuelle seule peut sous-estimer certains dysfonctionnements, d’où l’intérêt d’une observation standardisée et répétable pour augmenter sa fiabilité.


1)    Analyse directionnelle :

Dans la mesure du possible réalisez l’analyse dans un espace clos mais suffisamment grand, avec un sol non glissant. Une analyse complète de la locomotion du chien doit contenir les étapes suivantes, dans cet ordre. Chaque étape provoquant plus de contraintes musculo-squelettiques que la précédente. Si les premières étapes ne sont pas réalisables pour cause de douleur, il n’est pas nécessaire de réaliser les suivantes.

  • Au pas et au trot de face, de profil et de dos,
  • Au pas et éventuellement au trot en cercle à droite et à gauche,
  • Éventuellement lors de demi-tours et d’accélérations ou ralentissements.


2)    Analyse cinématique :

Lors des différentes étapes d’observation précédemment citées, voici les éléments à observer :

  • longueur de foulée,
  • fluidité des mouvements : membres, rachis et bassin,
  • synchronisation des membres,
  • symétrie des mouvements,
  • amplitude articulaire.

Toute altération franche des signes cités est considérée comme une boiterie et peut nécessiter un diagnostic vétérinaire. Certaines boiteries peuvent n’apparaître que dans certaines conditions (un cercle au trot à gauche, par exemple).

Si la qualité générale du mouvement est respectée, il est possible lors de cette observation, de déterminer des zones présentant tout de même une mobilité réduite ou augmentée. Cela participe au bilan ostéopathique en permettant principalement d’identifier des zones en restriction de mobilité.


3)    Indices biomécaniques à rechercher :

Certains indices permettent de faire suspecter plus facilement une boiterie ou des restrictions et douleurs, altérant la qualité de la locomotion :

  • mouvement de tête compensatoire,
  • déficit ou asymétrie d’oscillation du bassin,
  • réduction du temps d’appui,
  • modification du placement du pied,
  • diminution d’amplitude articulaire.

Il existe maintenant des méthodes d’observation dynamique instrumentées avec des plateformes de force et des capteurs inertiels. Les études à ce sujet montrent que certaines asymétries locomotrices ne sont pas perceptibles à l’œil nu, confirmant la nécessité d’une observation rigoureuse et systématisée pour détecter le plus de problématiques possibles humainement.


Palpation chez le chien : évaluation tissulaire et détection des zones de restriction

La palpation permet d’identifier les zones inflammatoires, sensibles et dont la texture est altérée. La palpation permet d’affiner l’hypothèse clinique. A la fin de cette étape, le diagnostic d’opportunité est certain et détermine si l’examen ostéopathique de la mobilité est réalisable ou non.

La palpation doit être progressive, comparative et systématique.


1)    Palpation superficielle :

Cette étape permet une prise de contact et une mise en confiance de l’animal. Elle permet également d’avoir une vision globale de l’état de santé de l’animal.

  • température cutanée : principalement zones chaudes ou froides,
  • sensibilité locale,
  • qualité du poil, de la peau et des tissus sous-cutanés,
  • tension et densité fasciale,
  • Si nécessaire, à cette étape peut s’ajouter la recherche et la palpation des ganglions lymphatiques superficiels.


2)    Palpation musculaire :

La palpation musculaire permet de cartographier les muscles en fonction de leur utilisation par l’animal. L’ensemble des muscles superficiels du tronc, du cou, des ceintures et des membres sont évalués. La palpation musculaire repose sur l’évaluation :

  • du volume (trophicité),
  • du tonus musculaire,
  • des contractures,
  • de la présence de trigger points.

Ces observations sont à noter puis à prendre en compte à la lumière du reste de l’examen clinique. Ainsi, il sera possible de savoir si le système musculaire de l’animal nécessite un travail spécifique et si oui, de quel type et sur quel groupe musculaire.


3)    Palpation articulaire :

La palpation articulaire s’intéresse surtout aux moyens d’unions passifs et à l’état synovial. Elle recherche :

  • épanchement articulaire,
  • épaississement capsulaire et/ou ligamentaire accompagné ou non de sensibilité,
  • bruits articulaires à la mobilisation,
  • instabilité ou restriction de mobilité.

Cette étape termine le diagnostic d’opportunité et oriente la prochaine étape d’évaluation ostéopathique articulaire.


Évaluation ostéopathique de la mobilité articulaire et viscérale :

L’évaluation de l’amplitude articulaire permet d’objectiver les restrictions mécaniques.

La mesure peut être :

  • active : pendant le mouvement produit par l’animal, impliquant le système neuro-musculaire et articulaire.
  • passive : mobilisation par le praticien impliquant le système nerveux et articulaire.

L’ostéopathe évalue les mouvements majeurs, c’est-à-dire les mouvements de grande amplitude naturellement produits lors des mouvements quotidiens mais aussi les mouvements mineurs. Les mouvements mineurs sont de faible amplitude (souvent inférieurs à 5° ou 5 mm) et non contrôlables volontairement. Ils sont cependant indispensables pour la fluidité des mouvements majeurs en toutes circonstances.

Ces mouvements mineurs peuvent être de plusieurs types :

  • glissement ou translation,
  • roulement et rotations,
  • distraction/compression.


1)    Examen clinique articulaire :

Membre antérieur :

  • épaule : scapulo-thoracique et scapulo-humérale,
  • coude : huméro-ulnaire, huméro-radiale et radio-ulnaire,
  • carpe : antébrachio-carpienne, carpo-métacarpiennes et intercarpiennes,
  • doigts : interphalangiennes proximales et distales.

Membre postérieur :

  • bassin : sacro-iliaque et ilio-sacrée,
  • hanche : coxo-fémorale,
  • grasset : tibio-fémorale, fémoro-patellaire, tibio-fibulaire,
  • tarse : tibio-tarsienne, inter-tarsiennes et tarso-métatarsiennes,
  • doigts : interphalangiennes proximales et distales.

Squelette axial :

  • cervicales : atypiques (C0-C1-C2) et typiques,
  • thorax : vertèbres thoraciques, côtes et sternum,
  • lombaires : vertèbres lombaires,
  • queue : vertèbres coccygiennes.


2)    Points d’attention :

Lors de l’évaluation de la mobilité articulaire, l’ostéopathe animalier se concentre sur :

  • l’amplitude (à la recherche d’une diminution),
  • la douleur à la mobilisation,
  • l’asymétrie droite/gauche,
  • la qualité de la fin de course : dure ou élastique,
  • la compensation d’un segment adjacent.

Les zones travaillées et les techniques employées sont déterminées en fonction du raisonnement clinique de l’ostéopathe à la lumière de l’ensemble de l’examen clinique.

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3)    Viscères à tester chez le chien :

L’ensemble des viscères accessibles à la palpation peuvent être intéressants à évaluer dans le cadre de l’examen clinique. Ces éléments doivent cependant être interprétés avec prudence et toujours mis en relation avec l’ensemble des données cliniques.

Les principaux viscères pouvant être explorés par palpation chez le chien comprennent :

  • loge cervicale : trachée, œsophage et thyroïde (selon morphologie),
  • abdomen : estomac, foie, intestins, colon, reins et vessie,
  • petit bassin : vessie, rectum et utérus (selon statut physiologique).

La palpation permet principalement d’évaluer la sensibilité, la présence de tension tissulaire, une modification de volume ou une défense musculaire. En revanche, la littérature scientifique montre actuellement un niveau de preuve limité concernant la capacité de la palpation à identifier précisément chaque organe ou à mesurer de manière fiable leur mobilité intrinsèque.

Certaines études suggèrent que les approches manuelles abdominales pourraient présenter un intérêt dans la prise en charge de troubles fonctionnels digestifs, notamment en agissant sur la perception de la douleur, la mobilité de la paroi abdominale ou la régulation du système nerveux autonome. Néanmoins, le niveau de preuve reste modéré et nécessite des recherches complémentaires, en particulier en médecine vétérinaire.

Concernant les viscères thoraciques, la palpation directe du cœur et des poumons n’est pas possible en condition physiologique. L’évaluation manuelle concerne principalement la mobilité de la cage thoracique, la compliance des tissus musculo-fasciaux et la dynamique respiratoire. Plusieurs études suggèrent que la thérapie manuelle peut améliorer la mobilité thoracique et le confort respiratoire, probablement via des mécanismes musculo-squelettiques et neurophysiologiques.

Le système nerveux central étant contenu dans des structures osseuses rigides (crâne et rachis), il n’est pas directement accessible à la palpation. L’abord crânien est principalement étudié pour ses effets potentiels sur la relaxation, la perception de la douleur et la régulation du système nerveux autonome. Certaines études suggèrent un effet bénéfique sur le stress et le bien-être, bien que les mécanismes précis restent discutés.


4)    Abord de la sphère crânienne : crâne, appareil hyoïdien et système manducateur

L’évaluation de la sphère crânienne chez le chien s’inscrit dans une approche globale, intégrant les structures osseuses du crâne, les articulations temporo-mandibulaires, l’appareil hyoïdien ainsi que les muscles masticateurs et supra/infra-hyoïdiens.

Cette région joue un rôle clé dans des fonctions essentielles telles que la mastication, la déglutition, la respiration et certaines composantes de la communication chez le chien.

La palpation permet ensuite d’évaluer :

  • la mobilité et la sensibilité des articulations temporo-mandibulaires,
  • la tonicité et la trophicité des muscles masticateurs (masséter et temporal principalement),
  • la mobilité de l’appareil hyoïdien,
  • la qualité tissulaire des structures de la face et de la voûte crânienne.

Des restrictions de mobilité, tensions musculaires ou perte de qualité tissulaire dans cette région, peuvent être associées à des troubles fonctionnels variés, tels que des difficultés de préhension ou de mastication, des adaptations posturales cervicales, voire certaines manifestations douloureuses locales ou référées.

La thérapie manuelle dans cette région a un effet sur la douleur et la fonction, probablement via des mécanismes neurophysiologiques et myofasciaux, bien que le niveau de preuve reste modéré et nécessite des recherches complémentaires chez le chien.


En conclusion, un examen clinique complet du chien repose sur une approche méthodique, reproductible et globale, intégrant observation, palpation et analyse de la mobilité.

Les recherches récentes confirment que la combinaison d’évaluations subjectives et objectives améliore la détection précoce des troubles locomoteurs et optimise le suivi thérapeutique.

Pour l’ostéopathe animalier, cette démarche constitue la base d’un raisonnement clinique rigoureux, permettant d’identifier les dysfonctions fonctionnelles et d’adapter le traitement de manière individualisée.


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Sources :

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Article écrit par J. Bertrand

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